26 mai, 2008

Le 61e Festival de Cannes

Classé dans : Celebrites,commentaires — dominique @ 16:39

CANNES (AFP) — La Palme d’or décernée à « Entre les murs » l’a confirmé, la sélection du Festival de Cannes tout entière a été cette année en prise avec les réalités politiques et sociales du monde, en accueillant des films courageux tournés par de jeunes auteurs.

Avec « Entre les murs », Laurent Cantet plonge le spectateur dans le quotidien d’une classe de collège parisien où un jeune professeur de français s’efforce d’enseigner à ses élèves une langue différente de la « tchatche ».

Mi-documentaire mi-fiction, il s’inspire du livre éponyme d’un professeur, François Bégaudeau, héros du film tourné au terme d’ateliers d’improvisation.

« Coup de coeur » des critiques comme du jury, selon les mots d’une des jurés, Marjane Satrapi, ce film « pose de vraies questions sur la démocratie ».

C’est aussi le cas des films les plus marquants du festival.

Car lors de la 61e édition qui a pris fin dimanche, les films d’inspiration romanesque ou purement fictionnelle, tels que « La frontière de l’aube » de Philippe Garrel, « Synecdoche New York » de Charlie Kaufman ou « Rendez-vous à Palerme » de Wim Wenders, étaient rares.

Pour la plupart au palmarès, les oeuvres les plus marquantes, en prise directe avec le réel, avaient souvent une esthétique proche du documentaire.

Couronné du Grand prix du festival, « Gomorra » de Matteo Garrone montre la porosité de l’économie aux réseaux mafieux, évoquant la corruption de manière saisissante sans jamais recourir à la mythologie des films de gangsters.

Un tel sujet requérait une « mise en scène invisible » et « interdisait toute forme de commentaire », a expliqué l’Italien, âgé de 40 ans.

« Je voulais que le film ait un impact émotionnel très fort, en donnant au spectateur la sensation qu’il se trouvait là, qu’il puisse presque sentir l’odeur de ces lieux », a encore dit Garrone.

Caméra portée, son direct et récit coup de poing, « Linha de Passe » des Brésiliens Walter Salles et Daniela Thomas –qui a valu à Sandra Corveloni le prix d’interprétation– suit les espoirs et les frustrations de quatre garçons d’une même famille, dans un quartier pauvre de Sao Paulo.

Couronné du prix du jury, « Il Divo » de l’Italien Paolo Sorrentino, 37 ans, est un portrait féroce de l’ancien chef du gouvernement Giulio Andreotti.

Drôle, incisif, réalisé avec brio, il dépeint Andreotti, aujourd’hui âgé de 89 ans, en Machiavel moderne, impénétrable et cynique.

Suggérant des liens occultes entre le pouvoir, les loges maçonniques, le Vatican et la mafia, il évoque en une étourdissante farce macabre scandales, morts suspectes et assassinats qui ont émaillé l’histoire récente de l’Italie.

« Il Divo » n’a pas été facile à financer en Italie, où nombre de producteurs ont fui ce sujet brûlant, aucune chaîne de télévision n’acquérant les droits de diffusion du film.

Primé pour son scénario, « Le silence de Lorna » des Belges Jean-Pierre et Luc Dardenne est un drame de l’immigration illégale.

« Hunger » de l’Anglais Steve McQueen, qui a emporté la Caméra d’or du premier film, retrace le combat du Nord-Irlandais Bobby Sands, mort à 27 ans après avoir fait une grève de la faim dans sa prison en 1981 pour obtenir le statut de prisonnier politique avec ses camarades.

Le festival a aussi marqué son ouverture sur le monde en accueillant le mythique footballeur argentin Maradona et l’ancien boxeur américain Mike Tyson, tous deux héros de documentaires projetés hors compétition et chaleureusement accueillis par le public.

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